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Les roues

D'après l'association américaine BoatUS Trailering Club les accidents de remorquage sont dans l'ordre :
- à 43 % les crevaisons
- à 20 % les ruptures de roulement
- à 15 % les pannes sèches
- le reste se partageant entre les casses d'essieu et de châssis.

Bien que cette statistique reste étrangement muette quant aux "mises en lacet" (voir plus loin), elle a l'avantage de mettre en avant que les roues (pneumatiques, fixation des jantes, roulements) sont le point faible des remorques.
Deux raisons principales à cela : d'une part les qualités de conception et de construction sont bien en deçà de nos voitures modernes, car comme nous exigeons tous des remorques au plus bas prix (la remorque reste le parent pauvre) les constructeurs sont tenus de fabriquer des engins à minima, et d'autre part nos pauvres remorques sont le plus souvent négligées, attendant une année entière au fond du jardin avant de reprendre du service.
Sur autoroute, on est quasiment tenu de rouler à bonne allure, au minimum à la vitesse des poids lourds. Si la remorque est équipée de roues de faible diamètre, ces dernières tournent très vite, d'où un effort conséquent.
Si de plus, les pneus, de qualité très moyenne (ce qui est souvent le cas des petits diamètres), sont usagés, cuits par le soleil (et la lune !) sont sous gonflés, que les roulements ayant goûtés au sel sont plus que fatigués, que les roues sont mal centrées et non équilibrées (aucun moyen de contrôle…) et que, ajoutons en une couche, la remorque est surchargée, c'est la catastrophe annoncée.
Les accidents de remorque sont fréquents et rarement anodins. Lors des migrations estivales vous remarquerez que vous verrez plus souvent des remorques en panne (quand tout c'est bien passé) que des voitures attendant le remorquage, alors que la proportions de voitures est nettement supérieure à celle des remorques.
Mieux vaut rouler avec des roues légèrement sur-gonflées, de 300 à 400 g, que sous-gonflées : un pneu n'éclate jamais à cause d'un sur-gonflage, mais toujours en étant sous-gonflés.
Si vous ne connaissez pas la pression de gonflage, un marchand de pneus vous renseignera.
Mais cette pression est fonction du poids de la remorque. Et la plupart des bateaux sont plus lourds que ce qui est annoncé dans les caractéristiques techniques. De plus, on charge le bateau avec le moteur, l’ancre, le pique-nique etc … Il est donc impératif de peser la remorque avec le bateau en ordre de marche (les poids publics ont quasiment disparus, mais les marchands de matériaux, de sables acceptent de vous faire une pesée souvent gratuitement). Fréquemment, on se retrouve avec un poids supérieur à ce que l’on pensait, des fois même au-dessus de la charge autorisée de la remorque. Il faut également vérifier que les pneus peuvent supporter cette charge et la pression en fonction de cette charge.
Toujours vérifier que les pneus ne chauffent pas, à chaque arrêt, après un parcours à vitesse élevée.
Les pressions sont souvent élevées, entre 2,8 et 3,5 bars. En un mois, vous pouvez perdre 0,3 bars sur une roue, ce qui est suffisant pour chauffer puis éclater sur autoroute.
Montez évidemment des pneus identiques, que ce soit en modèle ou en niveau d'usure, et ne montez jamais des chambres à air sur des "tubeless".
Choisissez des roues du plus grand diamètre possible si le constructeur vous offre le choix, et contrôlez la pression des pneus régulièrement. Une astuce consiste à indiquer bien lisiblement la pression requise sur les garde-boue : c'est fort utile lors du gonflage, mais c'est surtout un rappel efficace au bon souvenir des pneus !
Régulièrement aussi, calez la remorque sur plot et contrôlez les roulements : il ne doit pas y avoir de jeu, ou très, très peu. Une paire de roulement n'est pas très onéreuse, et se remplace rapidement.